Sécurité / Analyse de risques

De Code de la déconduite
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LA SECURITE ON AIME !


INTRODUCTION

Si la sécurité est un vaste champ d'étude aux multiples définitions, à la fois juridique et technique.

C'est avant tout une CULTURE issue principalement de l'industrie militaro-industrielle,

notamment aéronautique, mais aussi bien sûr de l'industrie automobile, de la route, la plus connue du grand public.

Et plus récemment du nucléaire (eux l'appellent "sûreté nucléaire") et du médical (à commencer par l'anésthésie-réanimation).

Au delà de la question éthique et des impacts humains, les incidents et les accidents coûtent chers.

4.000 morts sur les routes, 100.000 blessés. 40.000 morts d'accidents médicaux par an...

Accidents domestiques en tout genre, brûlures, chutes, suffocations, intoxications...en tout 4,5 millions de victimes par an en France! 20.000 en meurent!

Au delà des stats discutables, entre ignorance et culpabilité, qu'est-ce qui est acceptable économiquement et moralement pour la société et les personnes morales (entreprises, assos, administrations, etc...)?

Qu'est-ce qui est évitable et à quel prix ?

Le tout est chapeauté, encadré, induit par le Droit...et les peurs, les émotions du public relayées, suscitées, amplifiées par la boucle médias - personnalités politiques.

Jour après jour de nombreuses obligations et recommandations viennent du droit français et surtout européen.

Cela passe souvent discrètement par des procédures, des normes,

faisant du juridico-technique l'objet de tous les lobbying et le bonheur d'une horde de technocrates autorisés à ordonner le moindre détail de nos vies.

Des milliers de personnes, ingénieurs, ergonomes, psychologues, sociologues, juristes, experts en sécurité et en tout genre, policiers, gendarmes, cadres technico-adminstratifs, etc...ont étudié, étudient le sujet.

Plus il y a d'argent ou d'émotions en jeu, plus il y a d'analyses, d'enquêtes, d'études, de méthodes, d'expertises, d'approches probabilistes des risques, de pluridisciplinarité, de militantisme...

...et au final une amélioration continue des résultats. Cf le site de l'ICSI institut créé après l'accident de AZF.

Pour le Code de la Déconduite, la question de LA sécurité est posée pour nos actions dans l'espace public,

dont chaque phase a ses problèmes de sécurité, puisque chaque lieu est différent, chaque situation de travail est différente:

  • avant (préparation),
  • pendant (exécution réalisation participation du public),
  • après (fin et repli).

Mais la sécurité de Déconduite de qui, de quoi?

Evidemment des personnes, artistes, équipes techniques, tous intervenants et participants, mais aussi des biens (matériels, équipements, mobiles, animaux, végétaux, infrastructures, machines, etc.)

Pourquoi travailler la sécurité ?

En général et d'emblée viennent 3 raisons :

1- respecter les règlements du lieux et de la profession

2- éviter les incidents et accidents

3- en découle, le problème de la responsabilité des uns et des autres.

Mais en fait bien d'autres résultats de l'action sont en jeu,

la sécurité améliore, par exemple :

  • La production (qualité, efficacité, coûts...donc rendement au final!),
  • La satisfaction et bien être,
  • La liberté d'agir et donc de s'exprimer
  • La communication,
  • Le retour d'expérience...et donc la répétabilité


LES BASES DE LA CULTURE SECURITE

Assurer et améliorer la sécurité, rendre sûr une situation de travail, qu'elle soit artistique ou industrielle, c'est bien CONNAITRE LES RISQUES ET LES IMPACTS POTENTIELS sur les personnes et les biens,

donc les analyser, les comprendre, les partager entre les acteurs,

et y répondre par des moyens techniques et humains adaptés.

LES MOYENS ETANT LIMITES IL VA FALLOIR LES ARBITRER ET LES DISTRIBUER. Mais selon quel méthode ? quels critères ?

C'est là où l'on se pose la question de la probabilité de réalisation du risque et de l'importance de ses conséquences.

Par exemple si le taux d'accident constaté est élevé dans un rond-point on va dire "ici il y a plus de risques", la probabilité d'avoir un accident est plus élevée!

Oui mais de quoi parle-t-on de tôle froissée ? d'égratignures pour des piétons ou le conducteur ? Le diable est dans les détails statistiques...

LA GRAVITE EST UN FACTEUR IMPORTANT de ou de ne pas mettre des moyens.

On parle alors d'approche matricielle, d'une APPROCHE "COUTS / BENEFICES attendus" : d'un côté la probabilité (chance ou malchance que ça arrive ou pas), de l'autre la gravité si ça arrive...

On ne va pas mettre un maximum d'argent pour traiter un risque d'égratignure, même s'il touche beaucoup de monde, par contre on devrait mettre le paquet et les parades associées pour éviter l'accident mortel.

La sécurité ne doit pas être d'abord une affaire théorique ou réglementaire, mais avant tout une méthode pragmatique, une approche socio-organisationnelle et humaine.

Autrement dit elle doit être travaillée par une approche ERGONOMIQUE de la situation / des situations multiples "de travail" REELLES!

Bien sûr il est demandé aux responsables de respecter les lois, les normes, les règles de sécurité, mais on leur demande surtout d'analyser,

d'anticiper ce qu'il risque de se passer réellement et se comporter en professionnel de telles situations.

Un professionnel qui respecte les méthodes, les règles de l'art, les usages de sa profession, un professionnel conscient de la réalité et qui la trace par écrit,

la partage, l'interroge à travers des ANALYSES DE RISQUES et la prend en compte par la MISE EN PLACE DE SOLUTIONS PERTINENTES.

La Justice aura du mal à attribuer une responsabilité pénale ou civile à un acteur, malgré un incident ou un accident, voire sera clément,

SI CET ACTEUR PEUT PROUVER qu'il a été au-delà des règles, des usages, des procédures et des méthodes de sécurité de sa profession.

D'où l'IMPORTANCE DES PREUVES? DES TRACES ECRITES, INCONTESTABLES EN JUSTICE. Voir fiche "Comment apporter la preuve?".

Trop d'acteurs ne tracent pas et n'informent pas par écrit. Par exemple un responsable technique peut avoir une délégation de responsabilité par contrat. Imaginons qu'ils détecter de nouveaux risques,

il en informe sa hiérarchie, demande des moyens qui lui seront refusés, mais uniquement oralement, l'accident arrive, il se retrouve au tribunal et ce sera alors sa parole contre celle du directeur.

L'acteur a-t-il commis une faute, enfreint délibérément une règle ? ou a-t-il commis une erreur humaine? Comment le prouver ?

IL FAUT DISTINGUER L'ERREUR HUMAINE DE LA FAUTE.

IL FAUT CONNAITRE LE PERIMETRE DE RESPONSABILITE DE CHACUN ET COMMENT IL S'ARTICULE OU SE RECOUVRE JURIDIQUEMENT AVEC CEUX DES AUTRES ACTEURS.

Ces périmètres peuvent parfois être déplacés par contrat, une simple clause, un renvoi, un astérisque,

vous avez la petite étoile qui renvoie à une note en bas de page écrite si petit qu'il vous faudra une loupe pour la décrypter,

sans parler du jargon juridique à déchiffrer! Les assureurs raffolent des astérisques...

Les ergonomes analysent des centaines d'accidents et démontrent que l'erreur d'un acteur est souvent le fait d'une organisation, d'une communication déficientes, de la résultante d'une chaîne d'évènements,

de conception d'interfaces homme-machine, voire d'erreurs multiples pluri-acteurs, etc...

Il est donc important que les acteurs en soient conscients :

- pour ne pas culpabiliser après l'erreur,

- pour ne pas craindre les foudre de la justice ou de la hiérarchie.

- et surtout pour PARTAGER LEUR RETOUR D'EXPERIENCE, ce qu'on appelle en jargon le "REX", pour que cette ou ces erreurs ne reproduisent plus, même si elles ont été sans conséquence.

Par exemple, vous marchez dans la rue et un pot de fleur tombe d'un balcon du 10ème étage à vos pieds. Le pot éclate. Vous levez la tête et repérez le balcon en question, puis vous passez votre chemin,

après tout "ce n'est pas votre affaire!", même si vous avez aperçu de nombreux autres pots sur le bord du balcon, et le chat qui se promenait en équilibriste sur la barre d'appui...

Ce pot qui se fracasse sous vos yeux est ce qu'on appelle en terme de culture de sécurité "UN PRESQU'ACCIDENT"...en un accident qui aurait du arriver et qui par miracle n'est pas arrivé !

Vous me direz ça fait du bruit ce pot qui tombe, oui mais ponctuel, suffisamment discret pour l'ignorer..ni vu ni connu...

plus ou moins consciemment...pour passer outre, pour être dans le déni du RISQUE APPARENT, EVIDENT ET EMINENT. Vous avez eu chaud, c'est tout!

En culture de sécurité chacun est acteur, femme, homme - tous nous sommes DES HUMAINS FIABLES ET FAILLIBLES - chacun doit se sentir investi de l'amélioration de la sécurité du groupe.

CHAQUE ACTEUR DOIT AVOIR UNE ATTITUDE INTERROGATIVE SUR LA SITUATION.

Cela implique d'observer, de se poser des questions, avant, pendant et après, de communiquer et partager de façon sûr

- pas simplement à la machine à café ou entre deux portes - et surtout de manière durable.

LA SECURITE DEMANDE TRACABILITE, ACCES COLLECTIF ET CONSERVATION DES INFORMATIONS.

Alors dans le cas du pot de fleur, vous auriez du aller voir le concierge, lui décrire les faits, l'interroger, se rendre avec lui chez le locataire de l'appartement concerné pour lui signaler le risque, et de plus

envoyer un mail au syndic de l'immeuble pour prouver le signalement du "presqu'accident" et votre retour d'expérience.

Ainsi vous accomplissez votre devoir, soulagez votre conscience et contraignez les responsables à mettre en place des parades sans délai...

En tout cas si les responsables ne le font pas ils s'exposent à des sanctions bien plus lourdes en d'accident réel futur!

Comment qualifier le risque des pots ? C'est un risque apparent, incontestable, à forte occurrence et aux conséquences majeures puisque le pot peut tuer un passant.

Si c'était un plume ou un objet qui ne cause pas de préjudice corporel malgré sa chute de 25m, alors vous auriez pu poursuivre votre route.

En culture de sécurité une PARADE n'est qu'une SOLUTION PALLIATIVE, donc PARTIELLE ET TEMPORAIRE.

Par exemple on va mettre des barrières et une signalétique indiquant le risque devant un trou sur la chaussée.

La SOLUTION COMPLETE ET PERENNE serait de reboucher le trou.

Autre exemple, un marquage de passage piéton est-il une solution pérenne ?

Non bien au contraire! Les risques sont toujours là. Il signale juste un risque de passage de piétons aux conducteurs et crée, par la

Loi, un droit de passage au piéton et une obligation de céder le passage au conducteur.

Quelle serait la solution pérenne ? Pour éliminer tout risque d'accident il faudrait séparer physiquement les piétons des voitures, soit par un pont, soit par un tunnel.

Cela coûte trop cher, donc la société, représentée par la commune ou le département décide de ne pas couvrir le risque.

Mais, comme le disent les ergonomes, ils se contentent de le maquiller, de faire de la "cosmétique".

En terme de sécurité le passage piéton est une aberration, pire il donne l'illusion, en particulier aux enfants, d'être en sécurité ce qui est totalement faux.

Personne ne peut arrêter une voiture lancée au freinage défaillant.

Donc si la société accepte un tel niveau de risque avec de tels impacts à l'échelle du pays, pourquoi n'accepterait-elle pas nos actions de Déconduite bien moins risquées?

La meilleure façon de bien couvrir les risques associés à nos actions, c'est de développer la VIGILANCE de chacun.

Par exemple en voiture votre vigilance vous permet d'éviter un accident à chaque instant et de compenser la baisse de vigilance, les erreurs ou fautes des autres, et les dangers matériels.

Ainsi LE NIVEAU DE RISQUE EST INVERSEMENT PROPORTIONNEL AU NIVEAU DE VIGILANCE.

Par exemple, les taux d'accidents sont très élevés sur les trajets récurrents, habituels, du type maison-boulot...

non seulement parce qu'ils sont fréquents mais surtout parce que la vigilance baisse quand on répète une situation.

A l'inverse et paradoxalement la vigilance peut baisser notablement lorsque l'attention est détournée par une situation nouvelle.

Pour le public, dans le cas d'une action de Déconduite, il s'agit non seulement d'une situation nouvelle mais surtout distrayante...

IL FAUT DONC BIEN DISTINGUER LA VIGILANCE DES PROFESSIONNELS DE DECONDUITE DE CELLE DU PUBLIC PARTICIPANT.

Dans le cas d'une action de Déconduite la vigilance est maximale pour l'équipe professionnelle, puisqu'elle a répété la mise en scène et se sent responsable.

Par contre, la vigilance du public est plus faible que d'habitude, puisque justement ce n'est pas comme d'habitude, puisqu'il est guidé, pris en charge par l'équipe !

Les repères ont changé et l'aspect ludique de l'action détourne l'attention cognitive, l'action est un jeu collectif que l'on risque de suivre sans réfléchir SANS ATTITUDE INTERROGATIVE.

D'où l'importance de mobiliser en permanence la vigilance du public avant, pendant et après,

et de leur donner des repères, des règles, adaptés à chaque catégorie spécifique enfants, vieux, étrangers, handicapés etc...

...sans pour autant nuire à la réussite artistique de l'action qui passe par la spontanéité du public.

C'est l'éternel dilemme sécurité versus production que l'on retrouve à chaque instant dans les industries à risques.


EXEMPLE DE SECURITE APPLIQUEE A L'ACTION PING PONG

Prenons exemple lors de l'action PING PONG on jette des milliers de balles de ping pong sur les escaliers de Montmartre.

Analyse juridique des responsabilités - Acteurs - règles du lieu, règles afférentes aux situations et inter-actions - clauses des différents contrats -

Méthode - observations terrains - intégration du REX (retour d'expérience) - analyse des risques et impacts - parades et solutions (coûts / bénéfices)


Analyse cf modèle de tableau (liens vers.....)

Traitement des risques: organisation, parades, solutions pérennes ou temporaires,

Rôles des uns et des autres

Communication

Retour d'expérience et processus d'amélioration pour la prochaine fois!

Archivage sécurisation des preuves